Vous êtes agriculteur, imaginez, vous vivez seul dans la toundra sibérienne. Jour après jour, vous travaillez la terre. À perte de vue, rien. Au nord, l'horizon, au sud, l'horizon, à l'est, la même chose, à l'ouest, encore la même chose. Chaque jour, lorsque le soleil se lève à l'est, vous allez travailler la terre, à midi vous vous reposez et lorsqu'il se couche de l'autre côté, vous rentrez chez vous pour dormir.
Vous êtes agriculteur, imaginez. Et un jour, quelque chose meurt en vous. Jour après jour, vous regardez le soleil se lever, traverser le ciel et s'enfoncer dans l'horizon et un jour, quelque chose se brise et meurt en vous. Vous jetez votre houe et, la tête complètement vide de pensées, vous commencez à marcher vers l'ouest, vers la terre qui se trouve derrière le soleil. Comme possédé, vous marchez jour et nuit sans vous arrêter, sans manger ni boire, jusqu'à ce que, épuisé, vous vous écrouliez, vaincu, et mouriez. C'est l'hystérie sibérienne.